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Pur produit de l’apprentissage, Jacques Gagnebé a fait de son parcours une leçon de vie. Avec une poigne bienveillante, il l’enseigne aux apprentis carrossiers de CMA Formation Mont-de-Marsan (Landes). Son col tricolore est devenu son bâton de pèlerin pour convaincre, au CFA comme sur le terrain, des bienfaits de la formation en alternance.
Comment a débuté votre parcours en apprentissage ?
J’ai très vite su que je préférais apprendre un métier que de rester sur les bancs de l’école. L’automobile et la mécanique me passionnaient, j’ai donc démarré en CAP Mécanique auto à 16 ans, au CFA de Périgueux-Boulazac. En lorgnant du côté de mes copains carrossiers, je me suis rendu compte que je préférais ce qu’ils faisaient. La mécanique m’a paru très vite répétitive alors qu’un choc dans de la taule sera toujours différent. J’ai donc enchaîné avec le CAP Carrosserie, puis avec un CAP Peinture. Comme mon patron espérait un jour me vendre son entreprise, j’ai approfondi mes connaissances avec un CQP Carrossier-Peintre et un Brevet de Maîtrise (BM).
À quel moment l’envie d’enseigner s’est imposée ?
Pendant mes dix mois d’armée, alors obligatoires. Juste avant de partir, j’avais eu l’opportunité d’enseigner quelques heures par semaine aux CAP 1re année. Apprenti un jour, enseignant le lendemain… Je doutais un peu de ma légitimité mais l’aspect « transmission » m’a instantanément plu. Au retour de mes classes, j’ai postulé dans des CFA, au grand dépit de mon patron qui pensait me retrouver. Je suis parti pendant trois ans à Nevers avant qu’un poste ne se libère à Mont-de-Marsan, en 1998. J’y suis toujours… Il y avait alors beaucoup à faire. La section était désertée : seulement trois peintres et deux carrossiers en CAP ! J’ai tout remis en état, racheté du matériel, regagné la confiance des entreprises… Désormais, la section compte 60 apprentis et ils seront entre 80 et 90 à la rentrée prochaine…
Ce lien avec les entreprises est important pour vous ?
Il est primordial ! En 30 ans, j’ai traversé des périodes où les patrons n’avaient pas besoin d’embaucher ou ne voyaient pas l’intérêt de former, des moments où les politiques publiques se désintéressaient de l’apprentissage… Aujourd’hui, les artisans ont compris les enjeux de la transmission, que c’était la seule façon de faire perdurer leurs savoir-faire et, à terme, leur entreprise. Plus on forme, plus une Profession comme la nôtre est assurée.
Dans un parcours en apprentissage, les tuteurs sont meneurs à 80 %, dans les compétences acquises par les jeunes. Le CFA est là pour les 20 % restants. Il n’est pas moins essentiel de connaître par cœur les entreprises et les patrons, pour assurer un parcours sans faille à l’apprenti, pour travailler en équipe et créer un réseau vertueux. On ne peut tout simplement pas se permettre de « louper » l’avenir d’un de nos jeunes. C’est quelque chose qui ne se répare pas et ne se rattrape pas !
Qu’est-ce qui vous a poussé à aller chercher en plus le titre de MOF ?
En 2015, j’ai été opéré d’une malformation cardiaque, détectée juste à temps. Le chirurgien m’a promis que je reviendrai plus fort (et que je rejouerai à la pala). J’ai voulu savoir à quel point j’avais été réparé. Je me suis lancé dans le concours, malgré le stress et le travail qu’il supposait. Nous nous sommes entraînés à trois, avec des confrères également présélectionnés, et nous avons tous obtenu le titre, en 2018.
Cela a-t-il changé la donne au quotidien ?
Bien plus que je ne l’aurais imaginé. Les jeunes sont très admiratifs, suivent mes conseils de bon cœur… Souvent, pour eux, être apprenti est perçu comme un échec. Je suis la preuve que, lorsque l’on se donne les moyens et qu’on est motivé, on peut réussir au plus haut niveau. Les parents, lors des portes ouvertes par exemple, et les futurs maîtres d’apprentissage sont aussi rassurés par ce titre, qui prouve que les apprentis seront bien formés et encadrés, techniquement comme humainement. Cela m’a également ouvert des portes sur plein d’autres univers, et surtout des portes qui restaient closes avant…
Mon passé d’apprenti me permet de toucher les jeunes et de les conseiller. C’est ma plus grande force aujourd’hui.
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