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Depuis sept ans, le MOF Fabien Dinand met son expérience professionnelle au service des apprentis tonneliers du centre CMA Formation de Cognac. Le temps d’un CAP, charge à lui de conforter les vocations et d’amener ses jeunes à s’épanouir dans les Maisons les plus prestigieuses. De celles qui croient toujours en la magie de l’élevage en fûts de bois…
Comment est née votre passion pour la tonnellerie ?
Je n’étais pas scolaire du tout. À l’origine, je souhaitais travailler dans le domaine de l’équitation. J’ai d’ailleurs fait ma 4e et ma 3e dans une Maison familiale et rurale à Châtellerault comme stagiaire non rémunéré. Après une année d’errement, un oncle tonnelier m’a encouragé à faire un stage dans son entreprise, chez Taransaud. Le travail du bois, le fait de partir de la matière brute pour façonner un objet beau et utile m’ont tout de suite plu. J’y ai signé un contrat d’apprentissage en 1998 et ai démarré mon CAP au CFA de Cognac, où j’enseigne aujourd’hui.
Qu’est-ce qui vous a incité à passer le concours de Meilleur Ouvrier de France (MOF) ?
J’ai toujours aimé me challenger. Dès ma première année de CAP, j’ai remporté le concours du Rotary Club et participé aux Olympiades des Métiers. La particularité de l’apprentissage en tonnellerie est qu’il s’arrête au CAP (même si beaucoup seraient demandeurs d’un niveau supplémentaire de perfectionnement). Après l’obtention de mon diplôme, j’ai donc tout de suite été embauché en CDI. Dans le métier, la progression de carrière est plutôt lente.
On gravit les échelons tous les cinq ans en moyenne. Pour me démarquer et progresser, tenter de devenir MOF était donc pour moi une excellente alternative car c’est le seul concours en France qui est aussi diplômant (équivalent d’un Bac + 2) et reconnu par l’Éducation nationale. Je me suis présenté dans la catégorie « Petite tonnellerie de luxe » pour pouvoir travailler en partie de chez moi. L’œuvre à réaliser a nécessité 1 000 heures sur six mois, tout en assumant mon travail en parallèle. Un sacré défi que nous avons remporté à deux, avec un collègue.
Et à quel moment vous êtes-vous orienté vers l’enseignement ?
En 2017, à la suite d’un changement de direction chez Taransaud, j’ai dû quitter mon poste. Après 20 ans dont six au service qualité, cela a été un coup dur. Je ne voulais plus entendre parler de tonnellerie à ce moment mais je savais que la région proposait des postes d’agent de Chai. Je me suis dirigée vers le CFA de Cognac pour passer la formation, appuyé par Pôle Emploi. En me présentant au centre, la direction a été interpellée par mon CV. Cela faisait deux ans qu’ils cherchaient un professeur de tonnellerie. Le CAP avait un grand succès à l’époque et les besoins des grandes Maisons de vin et de cognac étaient grands. J’ai validé malgré tout la formation d’agent de chai et ai été embauché.
Qu’est-ce que vous apporte cette nouvelle vie ?
Autant je ne doutais pas de mes compétences techniques, autant j’ai eu du mal au début à me projeter seul devant des élèves assis à leur table ! Finalement, j’y suis depuis sept ans et cela me plaît beaucoup. Le fait de côtoyer des profils très différents, du jeune de 15 ans au trentenaire en reconversion professionnelle, est très enrichissant. J’aime aussi voir les apprentis progresser, m’interroger sur mon col tricolore et les inspirer à mon niveau. J’ai d’ailleurs un des premiers jeunes que j’ai formé qui passe le concours MOF cette année. Il m’a appelé pour me demander de l’épauler dans sa préparation. Pour le soutenir, j’ai préféré me désengager du jury auquel je devais justement participer. C’est très valorisant pour moi.
La Tonnellerie du Futur sortira de terre à Cognac en 2026. Qu’en attendez-vous ?
Ces nouveaux locaux vont être extraordinaires, tant pour les jeunes que pour les enseignants. Il sera notamment équipé de murs et de cloisons qui absorbent le bruit, ce qui va vraiment améliorer le confort acoustique. Quand on sait que la frappe du tonnelier atteint les 100 décibels, cela vous donne un ordre d’idée de l’ambiance dans nos ateliers…
Le fait de côtoyer des profils très différents, du jeune de 15 ans au trentenaire en reconversion professionnelle, est très enrichissant.
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